Me donner le beau rôle de l’histoire ne m’intéresse pas.
Parce que si les diseurs sont bornés à de douteuses exégèses, il n’appartient pas aux faiseurs de les rejoindre au second plan.
Parce que se mettre en scène, se faire plaindre, devenir une héroïne d’une semi-fiction, c’est déjà y être cloisonnée.
Parce que vitupérer sans fin sur les autres est à l’amour ce que la critique littéraire est à la littérature : une blafarde procuration, une vaine aigreur. Un écrivain raté et amer.
Parce que je ne tiens à offrir un splendide deni de ma dignité.
Parce que le commentaire, la polémique, la rumeur, la déformation, la vindicte publique et revendiquée comme telle, ne sont que les derniers soubresauts des vaincus.
Parce que commenter l’histoire ne m’intéresse pas.
Parce que je préfère la vivre.
Largement.
«Le mépris efface l’injure plus vite que la vengeance »